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Bernard Werber : « La science-fiction me permet de partager mes intuitions du futur »

Avec 20 millions de livres vendus, Bernard Werber est l’un des auteurs français les plus lus au monde. A l’occasion de la sortie de son dernier roman Les Micros Humains, deuxième tome de Troisième Humanité, le célèbre écrivain se prête à une interview et nous confie sa vision de l’intuition.

Qu’est-ce que l’intuition pour vous ?

Je décrirais l’intuition comme cette partie de nous, généralement inconsciente, qui détient des informations sur notre être authentique, au-delà de toute influence et de tout conditionnement. Depuis notre naissance, nous sommes conditionnés et façonnés par notre monde conscient : l’école, nos parents, notre entourage, les médias, nos patrons, nos collègues, l’autorité. Nous sommes programmés pour y répondre en jouant les règles du jeu et faire ce que les gens attendent de nous. Cette programmation correspond à notre mode «conscient» ou notre mode «social». Mais il existe en nous une autre programmation, qui nous est personnelle et secrète. Celle-ci ne tient pas compte de notre âge, de notre sexe, ni des rapports sociaux. Elle détient des informations essentielles pour notre bonheur, notre épanouissement et l’expression de ce que nous sommes vraiment. Seulement, personne ne nous a jamais présenté l’intérêt de nous connecter à ce mode « intuitif » ou « inconscient ». Lorsque je dois gérer une problématique, je fais appel à mon intuition en me connectant sur ce mode et en demandant à cette partie de moi ce qu’elle en pense.

Comment vous connectez-vous à cette partie de vous ?

En sachant qu’elle existe ! Le simple fait de le savoir la rend présente en permanence. Dans L’Empire des Anges, je la représente sous forme d’ange gardien. Il est plus facile de visualiser cette partie de nous comme une sorte de super ami qui nous regarde de là-haut, qui nous veut du bien. De temps en temps, il nous envoie des messages et des signes qui ne sont pas forcément appréhendables par notre logique rationnelle. Il s’exprime principalement par le rêve.

Quel lien faites-vous entre les rêves et l’intuition ?

Je les regroupe dans l’image de l’ange gardien, qui est le Moi intérieur non conscient. Le rêve correspond au seul moment où je ne suis pas influencé par les autres : le moment où mon être authentique peut s’exprimer librement. Pour moi, l’un des meilleurs exercices pour développer l’intuition consiste à noter ses rêves.

Quel rôle joue l’intuition dans votre écriture ?

Quand j’écris, je fais en sorte que cette partie de moi s’exprime à travers les mots. J’autorise mon intuition à se laisser aller. Je me transforme en antenne satellite. J’accueille des idées dont j’ignore la provenance et je transcris ce que je reçois. Je ne pense pas à la finalité. J’écris pour écrire, et non pour que ce soit bien, beau, intelligent. Parfois, mes personnages sont confrontés à des problématiques dont j’ignore la résolution. Quand je me mets à écrire sur l’ordinateur, les réponses viennent automatiquement. Je vais puiser l’inspiration dans mon intuition. Mon intellect intervient dans un second temps, à la relecture. Il me permet de rédiger mon plan et faire le point sur ce que je souhaite conserver ou retirer. Je n’accorde pas plus d’importance à l’intuition qu’à l’intellect, ces deux systèmes font partie de nous et sont indispensables. Malheureusement, la plupart des gens ne s’appuient que sur un seul de ces systèmes et se servent rarement de l’autre.

Quels seraient vos conseils pour développer l’intuition ?

Pour écouter notre intuition, il faut faire taire le bruit. Nous baignons en permanence dans une agitation intellectuelle et une masse d’informations qui nous parasitent. Avoir le courage de s’écouter, et se défaire des peurs du jugement ou de l’échec, me paraît également essentiel. Plus nous écoutons notre intuition, plus elle se développe. Nous avons des capacités que nous n’exploitons pas ; dès que nous les sollicitons, elles se mettent en marche.

Avez-vous un exercice à proposer ?

Pour développer votre intuition, reconnectez-vous à la Nature, celle qui vous entoure mais aussi à votre nature profonde. Voici un exercice très simple à expérimenter :
Fermez les yeux et tournez-vous vers les étoiles. Ouvrez ensuite les yeux en laissant entrer un maximum de leur lumière. Ne vous contentez pas de voir les étoiles. Demandez-vous ce que ça provoque ou ce que ça réveille en vous. Ce n’est pas une expérience intellectuelle, mais personnelle. Les ressentis sont incomparables d’une personne à l’autre.

Quelle est la place de l’intuition dans la science-fiction ?

La science-fiction me parait similaire à un travail de prospective. Elle me permet de partager mes intuitions sur le futur. Selon moi, la fonction d’un auteur de science-fiction remplace la fonction d’astrologue, de chamane, de directeur de plan quinquennal. Dans toutes les cultures et à travers les siècles, il a toujours existé des gens qui étaient chargés de voir le futur. Ces fonctions, souvent ridiculisées, sont aujourd’hui délaissées. Cette tâche revient désormais aux auteurs de science-fiction. Leur avantage est qu’ils n’ont aucune obligation de véracité. Dans mon dernier roman Troisième Humanité, je vous soumets une hypothèse, une potentialité : la Terre va se rebeller et nous allons inventer une nouvelle humanité. Les lecteurs sont libres d’en penser ce qu’ils veulent. Pour certains, ce roman ne sera qu’une distraction et ils le liront sans se rendre compte de la préoccupation très forte que je nourris pour notre planète.

Cela veut dire que, dans chacun de vos romans, vous souhaitez faire passer un message fort ?

Oui ! N’étant pas habilité à le faire en tant que politicien ou scientifique, je le fais sous forme de métaphores. Je reprends le principe du conte. Je vous raconte une jolie histoire. A vous de comprendre ce que vous voulez ! Cette forme de communication, plus large et plus douce, me convient parfaitement.

Avez-vous des exemples d’intuitions décrites dans vos romans qui se sont produites ?

Dans Le Père de nos Pères, sorti en 1993, mon protagoniste obtenait des informations rapidement en accédant à internet sur son téléphone portable. Dix ans avant que ce ne soit rendu possible, cette technologie paraissait surprenante. Maintenant, c’est d’une totale banalité ! Dans L’Empire des Anges, sorti trois ans avant le drame du World Trade Center, figure la scène d’un avion qui atterrit dans un building. Un tel événement ne s’était pas encore produit en 1998. D’une manière plus gênante encore, j’avais décrit l’explosion d’une centrale nucléaire et d’un tsunami dans la scène d’ouverture de Troisième Humanité. Une fois le livre terminé, alors que j’étais en train de le relire, l’accident de Fukushima se produit réellement. Ce qui était de la prospective est devenu du passé réel en une seconde. J’ai dû supprimer cette scène, qui ne relevait plus de la science-fiction mais de l’actualité, et réécrire tout le roman.

Quelle est l’intuition que vous souhaitez principalement partager aujourd’hui ?

Celle que je partage dans Troisième Humanité. L’intuition que la Terre est non seulement vivante, intelligente, mais aussi consciente. Je le ressens depuis l’enfance et ce ressenti ne fait que grandir.

Découvrez le dernier roman de Bernard Werber

Les Micros Humains, Troisième Humanité, Tome 2

Sorti le 2 octobre 2013 chez Albin Michel

Sur Amazon : Les micro-humains

Crédit Photo : Thierry Cohen



Ancien journaliste scientifique, Bernard Werber connait un succès mondial avec la parution de son premier roman Les Fourmis en 1991. Depuis plus de 20 ans, l’auteur collectionne les best-sellers. L’œuvre de ce Jules Vernes moderne s’inspire de sa passion pour la philosophie, la spiritualité, la science-fiction, le polar, la biologie et la mythologie.
Qualifiés par son auteur de «Philosophie-fiction», ses livres sont traduits dans plus de 35 langues.

Découvrir le site internet de Bernard Werber


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