Le cheval, miroir de l’homme

Crin Blanc, Prince Noir, Jolly Jumper… Autant de chevaux mythiques impliqués dans des relations symbiotiques, exclusives et passionnées, avec leur cavalier. C’est cette image d’Epinal qu’on a en tête lorsqu’on aborde la question de la relation avec le cheval. La réalité est à la fois plus simple et plus saisissante. Ce qui détermine l’attitude de l’animal avant tout, c’est notre attitude face à lui. Être d’instinct et d’intuition, « le cheval sait lire au plus près notre état intérieur, il est le miroir de notre façon d’agir et nous renvoie cash notre attitude, ni plus, ni moins » souligne Muriel Horrein, spécialiste en Horse Coaching. Son statut de proie dans la nature explique cette hypersensibilité. Lire l’attitude de l’entourage est pour lui une question de survie. Ce faisant, il nous pousse, nous êtres humains, dans nos retranchements, nous incitant à dévoiler notre être profond et intuitif pour communiquer avec lui.

Une histoire d’intention et de perception

A cet égard, le cheval agit comme un détecteur d’intention. Si cette intention est molle, peu convaincue, elle porte peu d’énergie et elle est insuffisante pour mettre l’animal en mouvement. Que l’intention faiblisse, que j’en change maladroitement, et immédiatement le cheval qui se trouve dans le manège avec moi ralentit la cadence.

Savoir maintenir une intention sur la durée est nécessaire avec le cheval, c’est également nécessaire à la perception intuitive. L’intuition arrive en effet dans le sillage de l’intention. C’est parce que nous avons l’intention de savoir quelque chose que les informations sur le sujet vont affluer. Travailler avec le cheval nous aide à cultiver cette faculté d’intention, et partant notre capacité intuitive.

« Aussi bien le cheval que nous-mêmes avons une perception intuitive. Mais le cheval le fait de manière naturelle alors que nous avons la barrière du mental, de l’intellect. Travailler avec l’animal, qui va être hors du mental, nous oblige à mettre de côté notre mental » explique Alexis Champion, directeur d’IRIS Intuition et Changements. « Dès lors, plus on est dans la perception intuitive de l’autre et de soi-même, plus notre intention va s’exprimer justement. »

Le rapport au cheval peut se résumer à une conversation à travers le non verbal, aime à rappeler Muriel Horrein. Selon elle, dans une discussion, l’impact du non verbal est de 55%, celui du paraverbal 38% ; restent 7% pour les mots. Cette part non verbale est exprimée par l’ensemble de notre corps, notre attitude, notre posture, l’énergie que nous y mettons. C’est aussi ce que le cheval perçoit. Tout commence par l’intention : qu’est-ce que nous voulons obtenir dans l’instant ? De quelle façon mettons nous en œuvre cette intention ? Quels gestes accompagnent notre pensée ? Notre attitude exprime-t-elle la conviction ou au contraire l’hésitation ? Savons-nous vraiment ce que nous voulons ?

Le cheval perçoit le moindre frémissement en nous grâce à des aptitudes que l’on pourrait qualifier d’extrasensorielles, instinctives, qui lui permettent de nous deviner à la perfection. Ces aptitudes chez les animaux ont été étudiées par le biologiste Rupert Sheldrake. Lors d’une expérimentation, il a mis en évidence qu’un chien peut réagir aux intentions de son maître, alors que celui-ci est éloigné de plusieurs kilomètres. Il a également démontré que de nombreux animaux savent que leur maître va rentrer à la maison même si rien ne l’annonce dans leur environnement immédiat.

De la communication à l’intuition

Parfois la relation entre le cheval et son interlocuteur est « tellement subtile que ça se passe au niveau de la pensée. On a l’impression que le cheval capte à l’avance notre intention. On est alors dans l’intuitif pur.«  Dans ce cas, le décalage entre le geste et la pensée est réduit au minimum. La communication n’en est plus une, car tout est instantané. La communication est devenue intuition. Le cheval et l’homme font corps. « Quand j’enseigne, il arrive que je ne sache plus si je lis le cheval ou si je le ressens » ajoute Muriel Horrein.

A l’inverse, des filtres et des censeurs peuvent s’interposer entre nous et notre perception intuitive. « Ces filtres et ces censeurs sont créés par l’intellect » souligne Alexis Champion. Pour parvenir à être au plus près de soi-même, ce sont eux qu’il s’agit de laisser de côté. En reflétant nos travers et nos hésitations, le cheval agit comme un rappel de ce qu’est l’intuition, dont on s’est éloigné, et qu’il nous est possible de retrouver.

Crédit Photo : Alexia Khruscheva


Pour aller plus loin, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Muriel Horrein en cliquant ici.


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