Le Grand Livre des transes et des états non ordinaires de conscience

Allons plus loin…

Entretien de Marie-Estelle Couval sur le vécu en exploration intuitive

interrogée par Alexis Champion

L’intention posée pour faire « un » avec la problématique cible

Lorsque je débute une session intuitive, je ne me mets pas dans une condition particulière, je pose une intention essentielle, celle d’être sur le lieu et de vivre le lieu ; ce sont-là les deux intentions importantes pour moi à formuler qui ont le même effet qu’un ancrage. Et comme j’aime découvrir et explorer dans la vie de nouveaux horizons cela fonctionne. L’envie de vivre quelque chose est également déterminante.

Le premier contact kinesthésique

Pour moi, prendre une « coordonnée » (un nombre référence symbolique permettant de fixer l’intuition sur la problématique cible, que celle-ci soit un lieu ou autre chose) est un tremplin pour démarrer l’ouverture intuitive, dans la mesure où c’est le moyen le plus simple pour déclencher le kinesthésique. Je génère un mouvement graphique et cela me fait prendre contact avec le lieu. Ce mouvement spontané est aussi une manière de prendre contact avec mon corps et ses ressentis internes.

Posture de démarrage

Lorsque je démarre, je ne suis plus là ; je veux dire que je suis à l’intérieur de moi, je ne suis absolument pas à l’extérieur et j’oublie mon environnement. C’est un peu comme si j’étais un escargot et que je rentrais dans ma coquille. D’ailleurs mon corps est plutôt replié sur lui-même, en intériorisation. Il y a un mouvement, y compris avec mon ventre, de rentrer à l’intérieur de moi.

J’ai l’impression que ma tête et mon corps ne font qu’un. Je suis un seul organe, et c’est là-dedans que cela se passe. C’est rare que j’aie conscience de mon environnement extérieur, pour être en moi complètement disponible physiquement et concentrée sur ma vie intérieure et ce qu’elle renvoie de la problématique cible.

Les débuts de l’exploration

Après la première démarche qui est entièrement kinesthésique, je me pose une première question pour enclencher l’exploration de la cible. Cette première question est toujours pour moi celle concernant les couleurs. Ensuite, je n’ai pas besoin de m’en poser beaucoup d’autres, car cette première question engendre beaucoup de perceptions sensorielles. Cela va vite et c’est précis dès le départ. J’observe d’ailleurs que c’est beaucoup plus précis au départ qu’à certains autres moments de la session, parce que l’intellect s’en est mêlé. Je remarque que certaines informations sont ensuite moins pertinentes quand on les compare aux toutes premières. Donc je me fie beaucoup aux premières informations qui arrivent.

Au début, c’est souvent très noir à l’intérieur de moi, comme si les perceptions se faisaient dans un tunnel étroit. Je ne vois pas en fait ; je ne vois pas de couleurs particulières. Ce n’est pas comme si je voyais des bouts d’images. Je n’entends même pas non plus d’ailleurs. Pour moi c’est hors sens. Ces perceptions là ne sont ni visuelles, ni auditives, ni kinesthésiques ; c’est juste un savoir, je sais.

Par exemple, dans le cas de la cible du minaret de Djam (session intuitive réalisée juste avant cet entretien), le mot « alvéolé » arrive, sans vision ; je sais juste que c’est comme ça, sans voir vraiment l’alvéolé. Dans mon ressenti, je sais que c’est juste. Cela arrive après une salve de couleurs et d’informations ; bleu, blanc, marron, carré, rectangulaire, arrondie, plane… puis alvéolé arrive, puis minuscule. Je me dis que « alvéolé » est très intéressant car cela arrive tout au début et c’est assez particulier (peu commun). Cela arrive comme cela sans que j’aie vue quoi que ce soit. C’est juste que je sais que c’est comme ça. Je sais que c’est juste dans la façon dont ça arrive ; c’est très précis et cela arrive après la salve de couleurs. D’ailleurs, quand on regarde le minaret, les sculptures très fines sur la tour sont comme alvéolées en effet, un peu comme des nids d’abeilles. Au début c’est noir, puis après 5 minutes commencent à s’imprimer des formes très fugaces.

Pour les températures comme « sec, terreux » de la cible, j’ai un léger ressenti, pas sur la peau mais à l’intérieur de moi. C’est davantage une sensation de savoir qu’un ressenti, en tous les cas au tout début. Après pour les aspects dimensionnels et de formes tels que « culminant, très haut, vertical », j’ai un ressenti, car mon corps regarde vers le haut ou je sens que je dois regarder en haut, donc mon corps suit le mouvement.

Vécu intérieur en cours de session

Plus j’avance et plus je vais détendre mon corps. Cela se déploie et c’est fluide. Je sais que je vis la cible car je sens ma température interne qui augmente ; je sens que j’ai chaud. A l’intérieur c’est plus lourd et plus fluide à la fois. Je sens le corps qui bouge un peu plus pour explorer, sans forcément le conscientiser vraiment. Le corps va naturellement explorer, tourner la tête, par exemple. C’est un peu moi, mais sans être moi. C’est plus le corps qui prend les commandes. Je pose toujours les questions dans ma tête ; je fais le tri des informations, je reste toujours vigilante à cela. Lorsque je pose une question, ces mouvements là, internes ou externes, vont déclencher ou parfois accompagner, un peu comme une danse. Mais d’autres fois c’est le corps qui va déclencher, et ensuite je vais conscientiser. J’aime bien cette idée de danse où c’est ton être qui mène la danse, et fait ce qu’il veut dans l’exploration. Mais cela arrive quand j’ai déjà perçu pas mal de choses, car c’est moins naturel puisqu’on le provoque. Au début si je me replie sur moi, c’est que j’ai besoin de le faire, mais tout le monde n’aura pas besoin de le faire. Ensuite, je n’ordonne rien à mon corps. Parfois je fais des mouvements, mais je ne m’en aperçois pas.

Déploiement du vécu en fin de session

Quand je m’interroge sur ce qui se passe sur le lieu cible, c’est différent, car je vois plus de choses. Il faut dire que j’ai aussi reconstitué dans ma tête (la configuration spatiale du lieu), en fonction de ce qui est caractéristique, sans pourtant avoir une idée précise. Je pose l’intention d’une sorte de dissociation, je suis à la fois ici et sur le lieu. J’interagis sur le lieu et j’observe. La démarche est différente ; je dirais que cette sorte de dissociation est moins naturelle, mais je dois la faire sinon j’ai l’impression que ça coince. Je n’arrive pas forcément à percevoir des gens, mais je me dis que je suis là-bas et que j’observe. Je n’ai plus du tout la même démarche. Ce n’est pas mon corps qui va forcément répondre. Ce n’est pas évident et parfois cela me sort un peu de la session. Par exemple, lors de la session que je viens de faire, je me suis observée sur le lieu et je sentais que c’était abrupt, que je pouvais monter, descendre, mais en verticale seulement.

C’est moins naturel de s’interroger sur l’activité car le corps suit moins que lorsque l’on doit explorer physiquement le lieu. Cela coupe un peu du corps et cela remet un peu dans l’aspect intellectuel. Ça met de la complexité, ça dissocie un peu des ressentis.

Sur les activités de la cible, le minaret de Djam, par exemple, j’ai perçu que ça regarde au loin, une sorte de tour de contrôle, c’est élevé, c’est fait pour voir au loin, haut, les personnes se touchent, c’est lié à des événements émotionnels, stress, attente, réconfortant, AOL (hypothèse) d’hôpital, élevé, vue lointaine, montée, une ascension, ça se réunit sur le point de vue culminant, ça accueille des gens en bas, ils sont contents, serein, lieu exceptionnel, prisé, ludique, loisir.

Pour l’information « ça accueille des gens », je peux dire que je le vois plus que je ne le ressens. Je me voyais en bas et je voyais que je pouvais monter ; je me demandais même s’il n’y avait pas besoin d’une corde. Je vois sans voir, c’est très fugace. Je voyais une sorte d’ouverture et des gens qui rentrent. Ce n’est pas une image de film, c’est à la fois du savoir et du visuel, mais jamais du visuel net. On ne peut pas dire que l’on a vu, entendu et touché clairement.

Pour le ressenti émotionnel des gens, je ne vois pas ; je sais, c’est tout. Et cela n’a rien à voir avec ce qui précède. Aussi, ensuite : on peut descendre, ça glisse, masculin, ça regarde au loin, ça scrute, AOL (hypothèse) de tour de contrôle, et juste après les personnes se touchent, événement émotionnel, stress, attente, réconfort. Et après, cela passe à autre chose : ça sent le frais, lieu artificiel…

Fin de session et vécu du feedback

Pour arrêter une session, je n’ai pas de démarche particulière quand je reviens dans l’instant. Sur la session d’hier, je voulais vraiment aller voir le feedback (la solution).

Quand j’ai vu le feedback, physiquement cela a fait directement la connexion. C’est un moment assez agréable, car cela fait une sorte de convergence ; le lieu vient épouser tes ressentis et cela permet d’avoir confiance en soi, car on s’aperçoit que l’on peut effectivement visiter un lieu que l’on ne connait pas, et j’étais émue. J’aime bien ce genre de lieu, c’est magnifique, c’est rocheux, végétal, exotique, c’est beau. Au moment du feedback je comprends pourquoi j’étais bien sur le lieu.

Deux pionniers de l’intuition

Marie-Estelle Couval

Marie-Estelle Couval, juriste de formation, s’est formée aux techniques intuitives et s’intéresse à tous les outils favorisant l’ouverture à l’intuition.

Directrice associée d’iRiS, elle met en œuvre ses capacités intuitives au service des entreprises et anime des formations au sein de l’école.

Alexis Champion

Alexis Champion est fondateur-directeur d’iRiS, école de l’intuition. Passionné par les perceptions et la nature de la conscience, il débute sa carrière dans la recherche en intelligence artificielle. Il se forme ensuite aux Etats-Unis et en Europe à la science de l’intuition et à ses diverses méthodes pratiques, aussi bien militaires que civiles.

Depuis 2008, il dispense conseils, ateliers et formations auprès de particuliers, d’entreprises et d’organismes publics.

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